Author Topic: Les dénonciateurs Américains : cibles de l’Etat Policier.  (Read 2225 times)

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Offline epug

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Les dénonciateurs Américains : cibles de l’Etat Policier.
« on: January 12, 2013, 16:24:45 PM »
http://dissenter.firedoglake.com/2012/12/29/us-whistleblowers-on-being-targeted-by-the-secret-security-state/
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,16839.0.html



Les dénonciateurs Américains : cibles de l’Etat Policier.

Le chaos Communication Congress (29C3), que les organisateurs décrivent comme étant « une conférence annuelle durant quatre jours, ayant pour thème la technologie, la société et l’utopie » a débuté le 27 décembre. Hier, ce blog a retranscrit la présentation de Jacob Applebaum,  développeur du projet Tor et activiste de Wikileaks. Dans la soirée, trois dénonciateurs américains ont présenté leurs exposés, dans une vidéo qui devrait être considérée comme immanquable.
Jesselyn Radack, qui dénonça les violations éthiques dans l’affaire John Walker Lindh, alors qu’elle elle était conseillère en matière d’éthique pour l’avocat général John Ashcroft, décrit les raisons qui l’ont conduite à démissionner et devenir dénonciatrice.
Lindh fut interrogé et torturé. Des agents du FBI passèrent outre le manque d’autorisation formelle et ont tout de même effectué cette interrogation. Ashcroft a fait une déclaration publique quand une plainte criminelle fut déposée, disant que Lindh avait fait le choix de ne pas être représenté par un avocat et que ses droits avaient été « scrupuleusement respectés ». Radack savait que tout cela n’était que mensonge.
“Ce fut notre premier aperçu d’un cas de torture aux Etats Unis et personne n’a pipé mot. Il était nu, un bandeau sur les yeux, bâillonné, attaché à une planche avec du ruban adhésif. Il avait une balle dans la jambe, et fut dénié tout traitement médical »,  déclare Radack. On l’a trouvé à moitié mort ; voici comment on traite un Américain, ce qui vous donne une idée de la façon dont laquelle nous traitons ceux qui ont la malchance d’être arabe ou Islamiste dans notre pays. »
Le point critique fut atteint pour elle quand elle se rendit compte que le Ministère de la Justice gardait secret certains éléments de l’affaire. Un juge avait ordonné la délivrance de toutes les communications, mais ne fit passer que deux de ses méls. Elle fouilla dans une copie papier pour lire ses méls, qui contenaient son évaluation que le FBI avait commis des actes en violation avec les règles d’éthique durant l’interrogation et la torture de Lindh. Ces méls avaient disparu.
“J’ai perdu courage,” dit Radack. « J’ai littéralement eu envie de vomir. Ils tablaient sur la peine de mort pour cet homme, et les preuves n’atterrirent jamais sur le bureau du juge, des preuves qui auraient eu un effet sur la décision d’admettre ou non sa confession. »
She was eventually able to recover the missing emails. Under the Whistleblower Protection Act, which
Elle réussit finalement à retrouver les méls manquants. Elle fit parvenir les preuves de fautes professionnelles et de crimes au magazine Newsweek, sous couvert de la loi Whistleblower Act, qui en fin de compte ne la protégea absolument pas. Elle ne se doutait pas de ce qui était sur le point de lui arriver quand « tout le poids de la branche exécutive du gouvernement américain en entier » lui tomba dessus.
Radack perdit son emploi dans le cabinet d’avocats privé où elle travaillait, puis elle fut limogée d’un autre emploi quand le gouvernement contacta ses employeur pour leur dire qu’elle était une criminelle. Elle fut placée sous garde à vue sans qu’on lui dise de quoi elle était suspectée et quoique nulle accusation formelle ne soit jamais portée contre elle. Elle fut sous le coup d’une exclusion de barreau régional sur les bases d’un report secret auquel elle n’a jamais eu accès (ce qui rendait sa défense plutôt difficile), et placée sur une liste d’interdiction de vol.
Cet expérience la conduisit à la décider à dédicacer le reste de son existence à représenter les dénonciateurs.
En plus de partager son expérience, elle parle aussi du rôle de la technologie et comment elle peut aider le donneur d’alerte. C’est cette technologie l’aida à récupérer des méls du Ministère de la Justice, qui à l’époque poursuivait Enron pour destruction de preuves et obstruction envers la justice.
Avant de se rendre à la conférence, elle rencontra le rédacteur en chef de WikiLeaks, Julian Assange. Elle déclare qu’il la convainquit qu’ « en tant que dénonciateur et avocate représentant des dénonciateurs, WikiLeaks est  le seul vrai moyen de disséminer de grandes quantités d’informations vers le public, de façon anonyme. Le gouvernement est conscient de ce fait et c’est la raison pour laquelle il se sent très vulnérable vis-à-vis de WikiLeaks. »
Elle poursuit en disant:
La guerre contre le terrorisme ne devrait pas être une guerre contre l’éthique, l’intégrité, la technologie et la loi. Stopper le terrorisme ne signifie pas terroriser les dénonciateurs et les diseurs de vérité, ceux qui soulèvent des inquiétudes quand le gouvernement magouille afin de surveiller électroniquement, torturer et assassiner ses propres citoyens. Il n’est pas acceptable qu’un président s’octroie le droit de se poser en procureur, juge, juré et bourreau de n’importe quel humain sur cette putain de planète s’il lui en prend l’envie.
Les employés ne devraient jamais avoir à choisir entre leur conscience et leur carrière, et certainement pas leur liberté, conclut-elle.
Thomas Drake, qui dénonça les inconduites et irrégularités de l’Agence de la Sécurité Nationale (national Security Agency), prend la parole après Radack et décrit ce que fut la montée de l’état policier après les attaques du 11 septembre. Il la compare à la montée de la police secrète des Stasi en Allemagne de l’Est, dont la devise était : « Tout savoir ».
Durant la guerre froide, tout était suspect. « De nos jours, dans cet ère post guerre froide, » dit Drake, « je me demande comment une démocratie ouverte et vive peut-elle exister au côté d’un état policier ? »
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Drake dut dès le depart faire face à la possibilité d’être condamné à la prison à vie s’il ne coopérait pas. Il fut condamné sous le coup de la Loi contre l’espionnage (Espionage Act), une condamnation faisant partie d’un effort du gouvernement visant à criminaliser les dénonciateurs.
Dans les jours qui suivirent l’attentat du 11 septembre, « je fus contacté en privé par plusieurs personnes très préoccupées qui me disaient Tom, pourquoi est-ce qu’ils prennent l’équipement dont on se sert pour garder un œil sur les nations étrangères pour les rediriger vers nos propres citoyens ? », se souvient-il. Il apprit que le programme de surveillance secrète avait été autorisé par la maison Blanche et, comme le dit un jour Président Nixon : si le Président dit que c’est OK, alors c’est légal. »
Le gouvernement perdit complètement les pédales quand Eric Lichtblau et James Risen rédigèrent un article pour le New York Times à propos du programme d’écoutes téléphoniques illégales au sein de la NSA. Une enquête criminelle fut mise en route, dont il fut le principal suspect. Des agents du FBI descendirent sur sa maison et firent pression sur lui pendant deux ans afin qu’il se rétracte. Ce fut l’enfer.
Il conclut en disant: “ J’ai peur pour le future des Etats Unis, mais j’ai aussi peur de la création d’un enregistrement universel de la vie de tout un chacun, de la possibilité d’avoir accès à une base de données et de pouvoir profiler n’importe qui, n’importe où, n’importe quand. »
En conclusion, William Binney, ancient directeur technique de la NSA, qui fut lui-même sujet des descentes de police et à des enquêtes criminelles, prend la parole.
En juin 2001, Binney résigna de son poste, car il ne pouvait plus tolérer la corruption ayant lieu entre les employés et les entrepreneurs privés, cette relation incestueuse dans laquelle la sécurité est affaire d’argent.
Binney eut vent d’un programme appelé “Stellar wind”, qui permettait à la NSA d’espionner des citoyens américains. Il savait que ce n’était pas la peine d’aller voir les responsables de la NSA, car il connaissait ceux qui géraient ce projet. Il prit contact avec le Comité d’Information Nationale (House Intelligence Committee), puisque c’était cette organisation qui était sensée, selon la Loi sur la Surveillance Etrangère (Foreign Intelligence Surveillance Act) et d’autres lois américaines, surveiller et espionner les individus. Le comité dépêcha un employé pour parler à Michael Hayden, alors directeur de la NSA, et ce fut tout.   Le président Porter Goss ne fit rien. grmmmph! Pelosi, un membre du comité, ne fit rien contre les violations commises car elle fut intégrée dans le projet et accepta de ne pas faire pression pour la mise en accusation du président Bush tant qu’elle serait tenue au courant des opérations secrètes.
Binney nous dit : « AT&T donnait au gouvernement 320 millions d’enregistrements par jour, d’américains contactant d’autres américains ». Il continue : « avec ça on peut établir des rapports sur virtuellement n’importe qui dans le pays » Il n’y a pas de limites : cet état de fait se répandit au monde entier.
Il raconte aussi ce qui se passa lors d’une descente du FBI. Ils lui demandèrent s’il pouvait témoigner contre un crime. Ils voulaient des informations contre Drake, mais lui parla au contraire du projet Solar Wind et que Bush, le Vice-Président Dick Cheney et le directeur de la CIA George Tenet étaient impliqués. Un seul des agents qui écoutèrent son récit était au courant du programme. Binney leur expliqua que c’était lui qui signait les mandats et que tout ce qu’il pouvait faire était de regarder par terre alors qu’il énumérait les violations envers la vie privée de citoyens américains.
“Ils voulaient que je tienne tranquille”, dit Binney. « Ils nous menacèrent, moi et ma famille, afin de s’assurer que je resterais tranquille. »
Il partage aussi avec nous une anecdote importante mettant en scène James Bramford, un journaliste réputé pour son travail sur la NSA. Bramford soumit une demande de renseignement sur des documents utilisés par le gouvernement contre Drake. Il reçut des documents parvenant de la NSA : on avait rayé au crayon le mot « Déclassifié » et estampillé « Top Secret » par-dessus. Ils lui passèrent ce document et lui le montra au juge, comme preuve que Drake était la victime d’un coup fourré, et que c’était un crime. Ils auraient dut être interpellés, mais l’affaire fut étouffée et personne ne fut poursuivi de quelque crime que ce soit.
En bref, ce sont trois excellents conférenciers et je vous conseille vivement de ne pas rater un seul moment des 82 minutes que durent cette vidéo. 

"This article has been translated by a volunteer translator: epug.  Neither WL or The Official WikiLeaks Forum shall be held accountable for errors.  The reader is welcome to check him/herself the original source linked below, and to comment if there is an error or misinterpretation.  If an error is identified we shall endeavour to correct it."


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Offline kimono

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Re: Les dénonciateurs Américains : cibles de l’Etat Policier.
« Reply #1 on: January 13, 2013, 10:52:19 AM »
Elle est très bien ta traduction, par contre pourquoi tu traduis "whistleblowers" par "dénonciateurs", alors que le mot français correct est "lanceurs d'alerte" .... ? (en tout cas, en France, on dit plutôt "lanceurs d'alerte", mais tu viens peut-être d'un autre pays?)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lanceur_d%27alerte
"Les hommes qui ont vécu dans les laboratoires n'imaginent guère que les partis extrêmes" -
"Men who lived in the laboratories can hardly imagine anything else than extreme parties" (Louis Aragon, 1897-1982)

Offline Arduina

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Re: Les dénonciateurs Américains : cibles de l’Etat Policier.
« Reply #2 on: January 16, 2013, 21:36:38 PM »
epug, voulez-vous que je edite cela? Pour renplacer avec "lanceurs d'alerte"?
Behind the ostensible government sits enthroned an invisible government,owing no allegiance and acknowledging no responsibility to the people.To destroy this invisible government, to dissolve the unholy alliance between corrupt business and corrupt politics is the first task of the statesmanship.FDR