Author Topic: CANVAS: Révolution à l'américaine. Traduction de l'article de "a Publica"  (Read 2288 times)

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Offline Irien

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This article has been translated by a volunteer translator. Neither WL nor The Official WikiLeaks Forum shall be held accountable for errors.  The reader is welcome to check him/herself the original source linked below, and to comment if there is an error or misinterpretation. If an error is identified we shall endeavor to correct it.

Translated by Irien from the english version translated by the _joker :
Traduit par Irien depuis la version anglaise traduite par The_Joker
:


Révolution à l'Américaine

Les documents de WikiLeaks montrent comment une organisation d'opposition fonctionne au niveau mondial – de l'Egypte au Vénézuela.

En haut du document, figure un poing comme logo de l'organisation. Dans le corps du texte, on peut lire : « Il y a une forte tendance présidentielle au Vénézuela. Comment pouvons nous changer cela ? Comment pouvons nous travailler la dessus? » Plus bas, on trouve les phrases : « Economie : Le pétrole Vénézuelien n'est pas propriété du gouvernement, c'est votre argent, c'est votre droit!(...) Ce message doit être adapté à la jeunesse, pas seulement aux étudiants (…) Et les mères qu'est ce qu'elles veulent ? Le respect de la règle de droit, une police sous la direction des autorités locales. Nous allons faire grandir ces besoins ».

Ce texte n'est pas en Espagnol, et n'a pas été écrit par l'opposition Vénézuélienne ; il a été écrit en Anglais, et par un groupe de jeunes situé de l'autre côté de la planète – en Serbie.

Le document, intitulé « Analyse de la situation au Vénézuela Janvier 2010, émane de l'organisation Canvas, dont le siège social se trouve à Belgrade ; c'est l'un des nombreux documents révélés par WikiLeaks dans le cadre de la publication des documents « Stratfor »

La dernière publication de WikiLeaks – à laquelle Publica a eu accès – nous montre le fondateur de cette organisation communiquant souvent avec des analystes de Stratfor, une organisation qui mêle journalisme, analyse politique, et des méthodes d'espionnage pour vendre de l' « analyse de renseignement » à des clients comme LockeedMartin, Raytheon, Coca-Cola et Dow Chemical – qui ont ainsi fait surveiller des militants écologistes qui s'opposaient à eux – et la marine US.

Canvas (acronyme pour Centre d'Actions Non Violentes Appliquées et de Stratégies) a été fondé par deux leaders étudiants Serbes qui ont participé au soulèvement qui a détrône le dictateur Slobodan Milosevic en 2000. Pendant deux jours, ces étudiants ont organisé des protestations créatives, des  manifestations et des actions qui  ont conduit  à la déstabilisation du régime. Ensuite, ils ont commencé à diffuser leurs connaissances universitaires, en enseignant à des groupes d'opposition de différents pays comment s'organiser et renverser des gouvernements. C'est ainsi qu'ils sont venus au Vénézuela, où ils ont commencé à former des leaders d'opposition depuis 2005. Dans une de ses allocutions télévisées, Hugo Chavez a accusé le groupe de préparer un coup d'Etat, et d'être à la solde des Etats Unis. « Cela s'appelle un « soft coup » (coup d'Etat de velours )» a t il dit.

Les nouveaux documents analysés par Publica montrent que, si Chavez n'avait pas raison à 100%, il n'avait pas non plus complètement tort.

Au commencement en Serbie:

«  C'est le résultat de dix ans d'organisation étudiante dans les années 90 », dit Ivan Marovic, un des étudiants qui a milité contre Milosevic mais qui n'a pas de contacts avec le groupe Canvas. « A la fin, le soutien international est finalement arrivé. Je serais stupide de le nier. Ils ont eu un rôle majeur dans les étapes finales. Les Etats Unis sont arrivés avec de l'argent, mais l'argent est aussi venu du monde entier: d'Allemagne, de France, d'Espagne, et d'Italie. Tout le monde participait, parce que  personne ne voulait plus soutenir Milosevic » dit il lors d'une interview avec Publica,

« Selon les pays, ils donnaient selon différentes modalités. Les Nord Américains avaient des « armes » puissantes, constituées par les ONG, très actives dans le soutien de certains groupes, et d'autres pays comme l'Espagne n'en avaient pas, leur soutien passait par le Ministère des Affaires Etrangères, » Parmi ces ONG figurent le Fonds de Dotation National pour la Démocratie (National Endowment for Democracy) (NED, une organisation financée par le congrès américain) la Maison des Libertés, (Freedom House) et l'Institut Républicain International (International Republican Institute) (IRI lié au Parti Républicain), comme le déclare Marovic. Tous recoivent de grosses sommes d'argent de l'USAID (Agence Etatsunienne de Développement International (United State Agency for International Development) qui était derrière tous les coups d'Etat en Amérique du Sud dans les années 60 et 70, y compris au Brésil,

Toutes ces ONG sont bien connues par les pays Latino Américains, même les récentes. L' IRI, par exemple, a donné des « cours de formation politique » à 600 leaders de l'opposition en République Dominicaine, entre 2002 et 2003.Le coup d'Etat contre Jean Baptiste Aristide, le président légitime démocratiquement élu, survint en 2004. Lors d'une enquête du Congrès Américan, l'IRI fut accusée d 'être derrière deux organisations qui avaient conspiré pour détrôner Aristide. Au Vénézuela, NED a envoyé 877 000 dollars US à des groupes d'opposition, les mois précédant le coup d'Etat raté de 2002, tel que le rapporte le New York Times. En Bolivie, selon les documents du gouvernement US obtenus par le journaliste Jeremy Bigwood -un partenaire de Publica- l'USAID dirigeait le Bureau d Initiative pour les Transitions (Office of Transitions Initiative) qui a investi 97 millions de dollars US dans des projets de « décentralisation » et d'  autonomie régionale » depuis 2002, renforçant les provinces qui s'opposaient à Evo Morales.

Lors d'un contact avec Publica, Srdja Popovic, le dirigeant de Canvas, a déclaré que l'organisation ne recevait aucun financement d'aucun gouvernement, et que son bailleur de fonds principal est l'homme d'affaires Serbe Slobodan Djinovic, qui était aussi un leader étudiant dans le passé,

Néanmoins, une présentation de l'organisation, publiée par WikiLeaks, fait état de partenaires de Canvas tels que l'IRI ou la Maison des Libertés, qui reçoivent de grosses sommes de l'USAID,

Pour le chercheur Mark Weisbrot du Centre de Recherches Economiques et Politiques (Center for Economic and Policy Research) de Washington, des organisations comme l'IRI et la Maison des Libertés « ne favorisent pas la démocratie », « La plupart du temps, elles font exactement le contraire, Elles promeuvent les politiques Etatsuniennes dans d'autres pays, ce qui signifie une opposition aux gouvernements de gauche de ces pays, par exemple, ou aux gouvernement qui ne plaisent pas aux Etats Unis ».


Deuxième étape : de la Bolivie à l'Egypte :

Au vu de leur présentation, le travail de Canvas est impressionant. Entre 2002 et 2009, ils ont réalisé 106 ateliers, touchant 1800 participants de 59 Pays. Ces pays ne sont pas tous des opposants des Etats Unis – le groupe a entrainé des activistes en Espagne, au Maroc et en Azerbaïjan - mais la liste en comprend beaucoup: Cuba Vénézuela, Bolivie, Zimbabwe, Biélorussie, Corée du Nord, Syrie et Iran,

Selon Canvas, la situation était digne d'intérêt dans toutes les révolutions dites « de couleur » qui ont surgi dans les pays de l'ex Union Soviétique dans les années 2000.

Le document qualifie d' « actions réussies »les transferts de connaissance au mouvement Kmara, en 2003 en Géorgie; ce groupe lança la Révolution des Roses qui renversa le président; une petite aide à la Révolution Orange, en 2004, en Ukraine; la formation de groupes qui menèrent la Révolution du Cèdre au Liban en 2005; divers projets avec des ONG au Zimbabwe et avec la coalition d'opposition à Robert Mugabe; la formation de militants au Vietnam, au Tibet et en Birmanie; et aussi les projets « groupes post démocratiques » en Syrie et en Irak.En Bolivie, ils ont aidé les groupes Santa Cruz qui sont les plus farouches opposants à Evo Morales dans la préparation des élections de 2009 dans ce pays.

En 2009, le manuel principal du groupe « la lutte non violente – 50 points cruciaux » avait déjà été traduit en cinq langues, y compris l'Arabe et le Farsi.

Une des actions de Canvas qui a conquis une certaine notoriété a été la formation d'un groupe de dirigeants pour le mouvement du 6 Avril, considéré comme le détonateur du Printemps Arabe. Ce mouvement a débuté sa structuration sur Facebook, en solidarité avec les ouvriers du textile de la ville de Malhalla al Kubra, dans le delta du Nil. C'était la première fois que le réseau social était utilisé dans ce but en Egypte. Au milieu de l'année 2009, Mohammed Adel, un des leaders du mouvement du 6 Avril, a été à Belgrade pour rencontrer Popovic.

Dans les mails des analystes de Stratfor, Popovic se vante de garder le contact avec les leaders du mouvement du 6 Avril, en particulier avec Mohammed Adel, qui devint la plus importante source de renseignements au sujet du soulèvement Egyptien en 2011. Dans les communications internes de Stratfor, il est connu sous le nom de code RS501.

« Nous avons juste discuté avec nos amis en Egypte et découvert quelques trucs » déclare t il le 27 Janvier 2011. « Demain les Frères Musulmans mettront leur puissance dans la rue, donc la situation peut devenir encore plus spectaculaire. Nous avons obtenu de meilleures informations sur ces groupes et sur comment ils se sont organisés ces derniers jours, mais nous essayons encore de les connaître. »


Les documents de Stratfor

Les documents publiés montrent que Canvas agit de façon moins indépendante qu'il ne le prétend. Au moins en deux occasions, Srdja Popovic dit avoir participé à des réunions du Conseil National de Sécurité des Etats Unis (National Security Council -NSC).

La première des deux réunions eut lieu le 18 Décembre 2009, et le sujet de la discussion portait sur la Russie et la Géorgie. A cette époque, le « meilleur ami » de Popovic travaillait au NSC, selon ses propres mots comme « conseiller senior pour la Russie auprès d'Obama », Michael McFaul, qui est de nos jours ambassadeur dans ce pays.

La même réunion portait sur le fait de trouver des opposants en Iran à travers des groupes pro démocratiques, comme Popovic le déclara plus tard, un sujet qui l'intéressait particulièrement.  « La politique Iranienne est faite par Denis Ross, au NSC. Il y a une activité croissante au sujet de  l'Iran au Département d'Etat, sous les ordres de l'Assistant Secrétaire John Limbert. Les financements du Programme Pro Démocratique pour l'Iran sont passés de 1,5 millions de dollards US en 2004 à 60 millions en 2008 (…). Après le 12 Juin 2009, le NSC a décidé d'arrêter les effets des programmes existants qui avaient été lancés sous l'administration Bush. Apparemment, la ligne directrice est que les Etats Unis ne veulent pas être soupçonnés d'interférences dans les politiques intérieures Iraniennes. Les Etats Unis ne veulent pas donner à l'Iran une excuse pour rejeter les négociations sur le programme nucléaire », déclare le Serbe, qui croit que l'administration Obama agit comme « un éléphant dans un magasin de porcelaine » avec sa nouvelle politique. « Résultat, le Centre de Documentation sur les Droits de l'Homme en Iran, la Maison des Libertés, l'IFES et l'IRI ont vu leurs appels de fonds rejetés » écrit il dans un mail de début Janvier 2010.

La seconde réunion de Popovic au NSC a eu lieu à 17 heures le 27 Juillet 2011, comme l'a rapporté Popovic à l’analyste Reva Bhalla.

Ces gars sont fantastiques, dit dans un mail enthousiaste l'analyste de Stratfor pour l'Europe de l'Est, Marko Papic. « Ils ouvrent une petite boutique dans un pays, et ensuite essaient de renverser le gouvernement. Si on les utilise bien, ils sont plus puissants qu'un bataillon de combat des forces aériennes ».

Selon ses propres mots, Marko explique à ses collègues de Stratfor que Canvas est un groupe « d'exportation de la révolution ». « Il dépend encore de financements Américains, et voyage à travers le monde à la recherche de gouvernements autocratiques et dictatoriaux à renverser (ceux là même que les Etats Unis n'aiment pas) ». Le premier contact avec le leader du groupe, qui deviendra sa source fidèle, a eu lieu en 2007. « Depuis lors, ils ont fourni du renseignement sur le Vénézuela, la Géorgie, la Serbie, etc.. »

Dans les mails, Popovic mondre un vif intérêt à échanger des informations avec Stratfor, qu'il appelle « la CIA d'Austin ». Dans ce but, il essaie de contacter beaucoup d'activistes dans différents pays. En maintenant une relation avec une organisation du même bord idéologique, il établit un échange d'informations profitable. Par exemple, en Mai 2008, Marko lui dit qu'il sait que les services de renseignement Chinois envisagent de combattre l'organisation à cause de leur travail avec les activistes Tibétains. « On s'y attendait » répond Srdja. Le 23 Mai 2011, il demande des informations sur l'autonomie régionale des Kurdes d'Irak.


Le Vénézuela :

Un des thèmes récurrents dans les discussions avec les analystes deStratfor est le Vénézuela. Srdja aide les analystes à comprendre ce que pense l'opposition . Toutes les communications sont faites via un mail sécurisé et crypté, comme le déclare Marko Papic. En outre, le dirigeant de Canvas est allé au siège social de Stratfor, à Austin, en 2010, pour réaliser un briefing sur la situation au Vénézuela.

« Cette année, nous allons vraiment développer nos activités au Vénézuela », explique le Serbe dans sa présentation « Analyse de la situation au Vénézuela » le 12 Janvier 2010. Pour les élections de Septembre de cette année, il déclare que « nous sommes en relation avec des activistes et des gens qui peuvent vous aider », et il interdit de publier ou diffuser l'information entre les analystes. Le document envoyé par mail sera la « base de notre analyse de ce que nous projetons de faire au Vénézuela ». Le jour suivant, il répète dans un autre mail « Explication du plan d'action envoyé hier, c'est évidemment un guide pour la révolution. »

Le document auquel Publica a eu accès a été écrit au début de 2010 par le « département d'analyses » de l'organisation, et non seulement décrit les piliers du soutien au président Vénézuelien, mais aussi liste les principales institutions ou organisations qui soutiennent le gouvernement, (parmi lesquelles on trouve les Forces Armées, la Police, la Justice, les secteurs nationalisés de l'Economie, les enseignants, et le Conseil Electoral), et les principaux opposants potentiels à même de former une coalition efficace, et ses « alliés potentiels », (les étudiants, la presse indépendante et internationale, les syndicats, la Fédération Vénézuelienne de l'Education, le Rotary Club et l'Eglise Catholique)

Au final, les indications de Canvas semblent assez justes. Parmi les principaux leaders d'opposition susceptibles d'avoir la capacité de s'unir, figurent Henrique Capriles Radonski – gouverneur de l'Etat de Miranda et candidat d'opposition lors des élections d'octobre avec la coalition « Unité Démocratique » - le Maire du District Métropolitain de Caracas, Antonio Ledezma, et l'ancien Maire de la ville de Chacao, Leopoldo Lopez Mendoza.  Sont aussi dans la liste deux étudiants, Alexandra Belandria du groupe Cambio, et Yon Goicochea du Mouvement Etudiant Vénézuelien.

Le principal objectif de cette stratégie est de « fournir une base pour l'élaboration d'un planning plus détaillé devant être potentiellement mis en œuvre par les parties intéressées et par Canvas » Ce plan détaillé devait être développé ultérieurement avec les parties intéressées.

Dans un autre mail, Popovic explique :  « Quand quelqu'un nous demande de l'aide, comme c'est le cas au Vénézuela, nous posons formellement la question, « comment feriez vous cela ? »(...) Dans ce cas, nous avons trois campagnes : l'unification de l'opposition, la campagne pour les élections de Septembre (…) Dans des circonstances NORMALES, les militants viennent et nous rejoignent pour travailler ensemble sous forme d'ateliers. Nous les guidons simplement et cela donne de l'efficacité au plan parce que les militants le créent eux mêmes, c'est pleinement le leur, en d'autres termes il est authentique. Nous leur donnons seulement les outils. »

Mais avec le Vénézuela, c'était différent, comme Popovic l'explique :  « Dans ce cas, vu le désastre complet qui s'est produit, et la suspicion entre les groupes d'opposition, et leur désorganisation, nous avons du partir de zéro. Savoir  s'ils (les activistes) vont passer aux étapes suivantes dépend exclusivement d'eux, en d'autres termes cela dépend s'ils se rendent compte que le manque d'UNITE peut leur faire perdre les élections avant qu'elles aient commencé. »

Ceux qui ont reçu ce rapport (la direction de Stratfor, par exemple) auront appris que, selon la logique de Canvas, les thèmes principaux à explorer par la campagne de l'opposition au Vénézuela sont :

1.Crime et insécurité: La situation s'est dramatiquement détériorée depuis 2006. Raison de vouloir le changement.
2.Education : Le gouvernement est en train de s'emparer du système éducatif : Les professeurs doivent être mis au pas. Ils devront perdre leur travail ou se soumettre. Ils ont besoin d'être encouragés, et il y aura un risque. Nous devons les convaincre que nous leur permettrons d'accéder aux plus hauts niveau de la société : ils ont la responsabilité la plus importante. Les Maîtres devront convaincre les étudiants. Qui les influencera ? Comment arriverons nous à les toucher ?
3.La jeunesse: Le message doit être adapté à toute la jeunesse non juste aux étudiants de l'université.
4. L'économie: Le Pétrole appartient au Venezuela, non au gouvernement, c'est la propriété du peuple, c'est votre argent, votre droit! Santé et Sécurité Sociale.
5. Les femmes: Que veulent les femmes? Règle de Droit, la police sous la direction des autorités locales, nous ne voulons plus de voyous.
6. Les transports: Les travailleurs doivent pouvoir atteindre leur travail. C'est votre argent. Nous devons en rendre le gouvernement plus responsable et ce n'est pas le cas actuellement.
7. Gouvernement. Redistribution de la richesse, tout le monde doit avoir une opportunité de s'enrichir.
8. Il y a une forte tendance présidentialiste au Vénézuela. Pouvons nous la changer ? Comment pouvons nous avancer malgré cela ?
 
A la fin, Popovic termine son mail avec une sévère critique des Vénézueliens, il dit : « En outre, il n'y a aucune culture de la sécurité au Vénézuela. Ils sont retardés et ne disent que des âneries. C'est à peine croyable ! »

Contacté par Publica, le leader de Canvas a nié que son organisation élabore des plans d'action personnalisés pour des révolutions. Et il a été beaucoup moins enthousiaste que le contenu de son « guide » au sujet du Vénézuela.

« Nous apprenons aux gens comment analyser et comprendre les conflits non violents – et, pendant le processus d'apprentissage, nous demandons que les étudiants et les participants utilisent les outils que nous fournissons dans le cours. Nous apprenons aussi d'eux ! Ensuite, nous combinons le travail qu'ils ont réalisé avec des informations publiques pour créer  des études de cas. Et ceci est transformé en plus longue analyse par deux collaborateurs en interne. Nous utilisons ces recherches et les partageons avec d'autres étudiants, des activistes, des professeurs, des chercheurs, des organisations et des journalistes avec qui nous coopérons. - qui s'intéressent à la compréhension du phénomène du pouvoir du Peuple. »

Intérrogé par nos soins, Popovic a aussi répondu à la critique formulée par Hugo Chavez dans son émission télévisée :  « C'est une technique bien connue...Depuis des dizaines d'années, les régimes autoritaires du monde entier font des accusations d' »exportation de la révolution » pour expliquer les soulèvements qui se produisent dans leur pays. Le Mouvement Pro Démocratique Serbe a été formellement accusé d'être un instrument des Etats Unis par la télévision d'Etat et par Milosevic, même avant que le gouvernement ait été renversé par les étudiants. C'est aussi arrivé en Iran, au Zimbabwe, en Biélorussie... »

Un ancien membre du mouvement étudiant, Ivan Marovic – qui, de nos jours donne des conférences sur la façon dont la révolte en Serbie a détrôné Milosevic, et qui n'a pas de relations avec Canvas – est d'accord avec lui : « Il est impossible d'exporter une révolution. Je dis toujours dans mes conférences que le plus important pour réussir un mouvement social est d'avoir la majorité à ses côtés. Si le président a la majorité à ses côtés, rien n'arrivera. »

Néanmoins, Marovic estime qu'un changement a eu lieu dans la manière dont les gouvernements occidentaux voient les 'ONG affiliées', en particulier aux Etats Unis, après la révolution Serbe en 2000 et les « révolutions de couleur » qui ont suivi en Europe de l'Est. « Un mois après que nous ayons renversé Milosevic, le New York Times a publié un article das lequel ils disaient que ce qui avait réellement renversé Milosevic était le soutien financier Américain. Ils accroissent leur implication. Et maintenant ils croient que l'argent Américain peut renverser des gouvernements. Ils ont essayé la même chose en Biélorussie, en envoyant une grosse quantité d'argent aux ONG, mais cela n'a pas marché. »

Le chercheur Mark Weisbrot est en partie d'accord avec Marovic. Aucun groupe étranger, et encore moins un petit groupe, ne peut provoquer une révolution dans un pays avec certitude. Pour lui, ce n'est pas l'argent du gouvernement Nord-Américain qui fait la différence – les ONG financées par le NSC, l'USAID, ou le Département d'Etat. « L'élite Vénézuelienne n'a pas besoin d'argent. Ce que ces groupes financés par les Etats Unis combinent, ce sont deux choses : 1) la capacité et la connaissance pour subvertir des régimes et 2) ce soutien a un rôle unificateur. L'opposition peut être divisée et ils peuvent permettre de l'unifier. Pour lui, c'est souvent que les Etats Unis ont parrainé une « influence pernicieuse »  sur des mouvements légitimes. « Nous avons toujours des gens qui se battent pour la démocratie dans ces pays, avec des demandes variées, réforme agraire, protection sociale, emploi....Et ce qui se passe, c'est qu'ils dirigent le mouvement  entier avec beaucoup d'argent, inspirés par des politiques qui vont dans l'intérêt des Etats Unis. Souvent les groupes démocratiques qui reçoivent l'argent finissent par tomber dans le discrédit. »

FIN

Lien vers l'article original: (Link to the original article): http://apublica.org/2012/06/revolucao-a-americana/ (brésilien/portugais)
Lien vers la version en anglais sur le forum (Link to the english version translated on the forum) http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12773.0.html
« Last Edit: August 19, 2012, 01:40:19 AM by Irien »